La Galerie de Saint-Cloud-Le Printemps ou le mariage de Flore et de Zéphyr

La Galerie de Saint-Cloud-Le Printemps ou le mariage de Flore et de Zéphyr

La Galerie de Saint-Cloud-Le Printemps ou le mariage de Flore et de Zéphyr

Matière et technique: 
Laine et soie
Origine et date: 
Manufacture des Gobelins
Vers 1712-1717
Artiste(s): 
1612
Troyes
1695
Paris

Dimensions :

3,27 m
5,56 m

Le visiteur peut admirer deux pièces de la tenture de La Galerie de Saint-Cloud, dans la chambre dite de Jeanne d’Albret, pour laquelle elles entrèrent au château de Pau en 1849. Y figurent des scènes mythologiques illustrant des saisons : Le mariage de Flore et de Zéphyr, symbole du printemps et Cybèle implorant le retour du soleil pour l’hiver. La taille imposante de ces tapisseries rappelle qu’elles furent copiées par la manufacture des Gobelins d’après les peintures du peintre Pierre Mignard qui ornaient les murs de la grande galerie du château de Saint-Cloud, propriété du duc d’Orléans, frère de Louis XIV. Ce château brûla en 1870... et les tapisseries sont aussi des témoignages de la beauté de ces peintures disparues, qui inspirèrent à six reprises les ateliers de la Manufacture des Gobelins.

Les deux pièces conservées au Musée national appartiennent à la quatrième tenture tissée entre 1712 et 1717, d’après des cartons exécutés par deux peintres attachés à la manufacture, Jean-Baptiste Monnoyer (Le Printemps) et Bourguignon (L’Hiver). Un autre artiste, Jean-Baptiste Blain de Fontenay, créa des bordures originales, dont les motifs sont en rapport direct avec la saison représentée (fleurs, fruits, fontaines glacées, gibiers...).

Le thème de la tapisserie du Printemps est inspiré des Métamorphoses d’Ovide : le récit de l’union de Flore, déesse des jardins et des fleurs, et de Zéphyr, dieu du léger vent d’ouest, dont devait naître le Printemps. Au-delà d’une illustration du goût de l’époque pour les jardins d’agréments, le tableau, ainsi retranscrit en tapisserie, était une allégorie toute à la gloire de Louis XIV assimilé au soleil, dispensateur de bienfaits et d’abondance. Il est également, par la flamboyance de ses tonalités, la profusion des éléments floraux, la chatoyance des étoffes, la sensualité qui se dégage de la pose alanguie de Flore, un hymne à la jeunesse, à l’amour et une exaltation des sens. Il est à noter que pour les premières tentures, cette sensualité même attira les foudres pudibondes de Madame de Maintenon qui fit voiler la nudité de la déesse. Dans la tapisserie conservée à Pau, Flore, exempte de tout voile de pudeur, se présente dans toute sa splendide nudité.